Système formel et motivation

Tout système formel est le produit d’une motivation donnée. Par ailleurs Gödel nous démontre par son théorème d’incomplétude que tout axiomiatique d’une théorie (T) est incomplète, dans le sens où il existe toujours des vérités dans (T) indémontrables avec l’axiomatique de (T).

Or cette axiomatique implique la vérité de la possibilité d’évolution temporelle de toute théorie, par ajout récursif d’axiomes.

Ce qui nous intéresse alors ici c’est de considérer quel genre d’axiome pourrait venir compléter le cadre formé par la Mécanique Quantique + la RG, dans le domaine où leurs prédictions sont compatibles, afin qu’il puisse proposer un nouveau cadre permettant de les unifier, tout en sachant, qu’aussi précise que puisse être cette axiomatique, elle sera forcément elle aussi incomplète.

Cet axiome est celui d’une cinquième dimension, qui représente la dimension de liberté de l’observateur quant à l’observation de tout système physique, y compris un espace 4D. La question ne se pose même pas quant à sa justification, puisque n’étant pas inclue par définition dans une théorie 4D que sont la RG et la Méca Q,  la Cinquième dimension est indécidable d’un point de vue purement théorique, pouvant éventuellement se réduire à une dimension sans lien physique direct, elle pourrait n’être dans ce cas précis qu’un simple changement de référentiel quant aux objets étudiés.

La question qui se pose c’est pourquoi ? Pourquoi chercher une formalisation dans le sens d’une cinquième dimension ? Et sur cette question, la réponse n’est pas une réponse factuelle. La réponse est évidemment une réponse empirique, expérimentale qui justifierait son adoption. Mais même cette réponse est incomplète, car il manque la dimension de la motivation. La motivation n’est forcément pas purement expérimentale, elle est aussi théorique !

Parce que dans le cadre de la 5D où la liberté de l’observateur est l’axiome supplémentaire appliqué, c’est la motivation elle même qui est partie prenante de la formalisation, qu’elle soit empiriquement justifiée selon un système formel ou un autre, elle n’en fait pas moins partie du système formel ainsi défini.

Donc la 5D implique un espace nouveau, où la formalisation dépend de la motivation qui sous tend la description des phénomènes, et où donc, quoique parfaitement logiques dans leur description et parfaitement complètes dans leurs prédictibilité phénoménales, les systèmes décrits n’ont pas la même finalité.

On peut alors poser comme question fondamentale liée à cette formalisation : vers quel type de formalisation mène telle ou telle motivation, ce qui nous amène à définir le parcours de cette même motivation en rapport avec les autres axiomes, notamment l’espace et le temps, et sa dépendance quant aux systèmes auxquels elle s’attache le long de son évolution dans l’espace et le temps.

8 réflexions sur « Système formel et motivation »

  1. pfiooouh

    encore du rationalisme même là où y en faut pas, laissez donc l’esprit tranquille, le silence, du lyrisme et tout ira pour l’excellence.

    Pas besoin de ces rationalisations mortifères qui finissent par être utilisés par la propagande, les publicitaires et touti bordeli.

  2. Bonjour,

    Je me permets de vous contacter par vos commentaires car mon équipe et moi-même avons eu l’occasion de visiter votre blog, que nous trouvons très intéressant et dynamique. Passionnés du Web, nous souhaiterions faire connaître votre blog aux lecteurs de Maxisciences, qui figure parmi les sites scientifiques francophones les plus visités. Pour cela, n’hésitez pas à vous inscrire directement à cette adresse http://www.maxisciences.com/inscription_blog.php et nous nous occuperons de tout.

    J’espère vous compter rapidement parmi nos partenaires privilégiés.

    A très bientôt,

    Hélène de l’équipe blogs reporters Maxisciences

  3. Je me permets, car je vous suis maintenant depuis quelques mois, de vous indiquer que sur ce sujet, Basarab Nicolescu a des « choses » à dire, via la Transdisciplinarité (système gödelien ouvert), via la logique du tiers inclus de S. Lupasco, isomorphe à la complémentarité de Bohr. Ma « quête » est assez semblable à la vôtre dans la mesure où je cherche à relier. Or, la motivation, le désir, l’amour au sens large, l’intention, la volition etc.. sont des « variables » devant être incluses en amont dans toute épistémologie, si nous voulons réellement prendre avec nous, saisir, notre réalité…physique.

  4. Oui, je suis convaincu de cela. Mais je n’en suis plus à me dire qu’il faut l’inclure, je l’inclus. Je cherche donc une façon de le formaliser.

  5. Bien ! Mais que cherchez vous à formaliser exactement ? Ce que vous définissez par « motivation » (réécriture du sous-titre de votre blog depuis peu) ? Ce que j’interprète par désir, par volition, par intention ? La motivation est elle pour vous liée à l’affect, notamment ? Ou bien est ce autre « chose » ? Cette motivation est elle pour vous comme un troisième « élément » entre sujet et objet par exemple ? Vous la définissez comme une « 5è dimension », d’accord ou tout au moins liée (de quelle manière formelle ?) à un 5è degré de liberté. Est ce bien cela ?

  6. @Laurent Lavigne

    La motivation sera liée à l’ensemble conceptuel causal décrit. Si je redéfinis les concepts de description de la réalité, il en découlera une nouvelle causalité dépendant de ces concepts.

    C’est ce CHOIX conceptuel que je définis par motivation. Et oui, je dis que ce CHOIX conceptuel est une partie de la réalité, qui en la décrivant, et en déduisant la causalité qui lui est lié, est un constituant de cette même réalité.

    Donc ensuite, ce qui est sera intéressant c’est d’estimer si ce CHOIX conceptuel, renouvelable, est ou pas, lui même conditionné causalement, et alors par rapport à quel ensemble conceptuel le sera-t-il ?

    Pourra-t-il l’être par lui même, ou bien s’il ne le peut pas, ne faudra-t-il pas faire appel à une description tierce qui en définisse les contours ?

  7. Je pense au vu de vos références scientifiques (Martin, Bohm, Lutz, Beauregard etc.) que nous réfléchissons à la même problématique, même si notre vocabulaire et nos implicites et nos écrits ne sont pas forcément similaires. Pour moi, la motivation, l’intention, définit la causalité d’un système, brise la symétrie en quelque sorte, car la motivation apporte une certaine qté d’énergie suffisante pour actualiser la réalité potentielle. La motivation est forcément elle même intégrée à un système ouvert (gödelien) dans un autre niveau de réalité, qui lui même est intégré etc…Donc définir un contour, oui, mais il faut surtout décrire ce qui, en soi, est indescriptible : l’ouvert et l’indécidable..La motivation induit l’espace-temps également évidemment, la motivation n’est qu’un gradient d’énergie en quelque sorte qui en créant un déséquilibre, induit le mouvement. Ce gradient provient du « vide », du plein, de l’homogène, du potentiel…

  8. @Laurent Lavigne

    Oui tout à fait, je comprends parfaitement ce que vous décrivez. Il s’agit bien de la même approche.

    Plus profondément il s’agirait de pouvoir arriver à décrire le lien interdépendant entre motivation, espace-temps, objet…

    Selon ma vision il faut travailler sur une intégrale de chemin. La somme des interactions entre la motivation et l’environnement physique selon la Ligne d’Univers de l’observateur, a un rapport avec sa motivation instantanée…

    Il doit s’agir concernant la motivation de l’équivalent d’un champ spatio temporel… ou quelque chose d’approchant.

Les commentaires sont fermés.